Introduction à l'histoire de Vertheuil

"Médoc" désigne le pays du milieu de l’eau (in medio aquae) où vivait, avant notre ère, une tribu d'autochtones celtes, les Medulli. Le passé viticole  antique de la région est assez mystérieux. Au Moyen-âge, la région est déserte, couverte de landes au nord et de prairies marécageuses au sud. Entre les deux, on trouve quelques îlots viticoles autour d’abbayes, de prieurés et de seigneuries. Ce n'est que dans la seconde moitié du XVIIème siècle que les anciennes seigneuries du Médoc passent aux mains de la noblesse de robe bordelaise pour devenir de grands domaines.
Lorsque l'on parcourt le Médoc, entre Pauillac et Lesparre, à mi-chemin, sur un plateau planté de vignes, on découvre un vaste panorama.
Au premier plan les restes d'une forteresse, en contrebas le village groupé dans un vallon autour d'une imposante abbaye et plus loin au nord le marais de Reysson et la Gironde.
C'est Vertheuil.

Adossé au coteau argilo-calcaire recouvert de graves pyrénéennes qui culmine sur le plateau à 32mètres, le site de Vertheuil présente un intérêt défensif et protecteur évident, dont devaient tirer partie les seigneurs féodaux et les moines Augustins.
Bien avant, il y a 7 000ans, des cités lacustres existaient au Nord, dans le marais, à Péterlan.
Plus tard, dans la forêt, à l'ouest, près des fontaines dites gauloises (Malmory, Béchenieux, Le Gouat), vivaient nos ancêtres, les Celtes, et les druides inspirés, vêtus de blanc,  officiaient au clair de lune.
Est-ce de ces temps lointains que l'on tira le nom de Vertalio, le champ du gaulois Vertus ?
L'emplacement de trois «villas », édifiées à l'époque gallo- romaine, est connu : A Beyzac, sur le site de l'abbaye et à Lugagnac, Lucaniacus.
L'estuaire formait alors un delta dont les différents bras s'enfonçaient dans le Médoc. Vertheuil, en bordure d'un de ces bras, servait de port à l'avant poste de la Ville du Milieu, (Metulium), l'actuel site de Brion, d'où l'hypothétique étymologie de Versus Metulium (vers Metulium D'après louis Raby).

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L'utilisation du site défensif se fit avec l'édification d'un château fort dès le IXème siècle. Au XIème siècle la forteresse était déjà équipée d'un donjon de plus de 30 mètres de haut, muni d'échauguettes, occupant le centre de la motte. Il était entouré d'une première enceinte polygonale dont il ne reste que les soubassements. Trois tours de guet, dont une seule subsiste, complétaient le dispositif défensif.
La seconde enceinte de défense, datant du XIVème siècle, également polygonale, présente une barbacane, une tour-porte, dite de l'audience, (siège du tribunal du seigneur). Le donjon fut réduit de moitié, probablement sur ordre de Mazarin qui, au XVIIème siècle, fit démanteler dans toute la région les forteresses des Bordelais ayant pris, lors de la Fronde, le parti de Condé
Parallèlement, des moines, probablement chassés de l'abbaye de l'Isle par les incursions normandes, étaient venus s'installer à côté du fort et avaient commencé à défricher la forêt et le coteau abandonnés vers la fin du IVème siècle par les gallo-romains.
En 1081, Acfredus, Captal de Vertheuil, confirme la donation faite à l'Eglise. abbaye lisle
Une première église romane est déjà construite à la fin du XIème siècle. Elle subit des modifications au XVème siècle. Un voûtement d'ogives remplace le berceau central de la nef. L'aspect extérieur n'a pas changé depuis le XVe siècle. L'édifice est seulement fortifié lors des guerres de religion. Les chapelles du chevet sont surélevées et dotées de meurtrières.
De l'ancienne abbaye ne sont conservés que quelques vestiges : l'entrée de la salle capitulaire, la trace de l'ancien mur pignon, quelques contreforts et les salles voûtées du sous-sol.
C'est vers 1750 que furent construits sur son emplacement, et avec les pierres de démolition des murailles et des tours de guet du château fort, le nouveau logis des moines et les dépendances.
Le bâtiment principal, sobre et élégant, témoigne de l'architecture du XVIIIème siècle. Il a malheureusement subi une démolition partielle vers 1950 Les communs ont fait l'objet d'une restauration.
Sur le plan de 1749, un grand potager se trouve à la place du parc actuel. Figurent également quelques maisons de maître. Le reste de l'habitat est plutôt modeste.
A l'occasion de sa vente comme bien national lors de la Révolution, l'abbaye devint un lieu de résidence et se dota d'un parc à l'anglaise avec pièce d'eau.
Au XIXème siècle, beaucoup de belles constructions nouvelles remplacèrent les anciennes maisons, notamment à l'occasion de l'élargissement de la route départementale.
Aux alentours du village, les propriétés importantes Beyzac, Le Meynieu, Victoria, Le Bourdieu, Reysson, Picourneau, Laride, furent dotées de demeures de belle apparence.
Les hameaux ont, pour la plupart, conservé des exemples d'un habitat simple et modeste. Les maisons y sont basses, construites en moellons de calcaire.

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